Alors que l’intelligence artificielle s’invite dans tous les secteurs, les associations s’interrogent : comment utiliser ces outils sans trahir leur mission profondément humaine ? Microsoft apporte une réponse avec une formation gratuite et certifiante, conçue pour le monde associatif, co-construite avec NetHope, un consortium international d’ONG.
Deux regards complémentaires : Microsoft et la Ligue contre le cancer
Côté Microsoft, Céline Corno, directrice du plan de compétences en intelligence artificielle chez Microsoft France, pilote un engagement lancé en mai 2024 : accompagner un million de Français dans la montée en compétences sur l’IA d’ici 2027. Elle souligne la dynamique en cours : « On le voit, l’IA se diffuse très rapidement. Et l’idée, c’est de pouvoir accompagner le plus grand nombre à se saisir de ces opportunités. »
À ses côtés, François Berger apporte un regard de terrain. Neuro-oncologue, secrétaire général de la Ligue nationale contre le cancer et président du comité de l’Isère de la Ligue, il insiste sur les enjeux d’encadrement, de respect des normes, d’éthique et de pédagogie. Pour lui, cette collaboration est une démarche structurante : « Je crois que c’est une très bonne façon, pionnière, d’anticiper les risques, de mieux expliquer aux communautés ce qu’on peut faire, ce qu’on ne peut pas faire. »
Former pour structurer les usages
L’intelligence artificielle s’est imposée rapidement dans le quotidien des organisations. Pourtant, son usage reste inégal. Selon l’European Nonprofit Pulse, publiée en 2025 par l’European Fundraising Association, 48 % des organisations à but non lucratif européennes utilisent déjà l’IA, contre 36 % en France. Un constat qui souligne des écarts d’adoption et renforce la nécessité d’accompagnement.
Dans ce contexte, les associations font partie des publics prioritaires. L’objectif est clair : permettre à chacun de devenir un utilisateur éclairé, conscient des opportunités comme des limites. Car l’enjeu n’est pas seulement d’utiliser l’IA, mais de savoir quand et comment l’utiliser.
Pour ces structures confrontées à des enjeux humains sensibles, la vigilance est essentielle. Céline Corno rappelle l’importance de cet encadrement : « Dans le secteur associatif ou de la santé, on manipule des données très sensibles. Si on n’utilise pas des outils adaptés et validés, on peut se retrouver à injecter des données confidentielles dans des outils publics, ce qui n’est pas une bonne pratique. »
Cela s’inscrit d’autant plus dans un contexte répandu de pratiques non encadrées. Selon une étude YouGov réalisée pour Microsoft, 61 % des professionnels français utilisent des outils d’IA personnels dans un cadre professionnel, un phénomène de “shadow IT” qui accroît les risques en matière de confidentialité et de sécurité des données.
Une formation pensée pour les réalités du terrain
Pour répondre à ces besoins, Microsoft a conçu une formation en ligne, gratuite, accessible à toutes les associations, disponible en français et pensée de manière agnostique, sans promouvoir de technologie en particulier. Elle peut être suivie en quatre à cinq heures, au rythme de chacun. Structurée en sept modules, elle couvre les fondamentaux de l’IA, les principaux cas d’usage dans le secteur associatif, ainsi que des focus métiers (communication, fundraising, gestion de projet, direction informatique). Elle intègre également un volet dédié à la gouvernance des données, un enjeu clé pour les associations.
La pédagogie se veut concrète : fiches pratiques, arbres de décision, bibliothèques de prompts par métier et exercices d’analyse critique.
« L’idée n’est pas de faire des experts de l’intelligence artificielle. L’objectif de cette formation est de donner toutes les bases de compréhension des enjeux et d’apprendre à se poser les bonnes questions. », résume Céline Corno. À l’issue du parcours, un examen permet de valider les acquis et d’obtenir une certification, valorisable notamment sur LinkedIn.
Un levier positif pour remettre l’humain au centre
Du côté de la Ligue contre le cancer, une phase pilote a permis de tester le dispositif auprès de collaborateurs issus de différents métiers. François Berger observe d’abord une montée en compétences et une meilleure compréhension des usages, avec des pratiques plus rigoureuses et plus efficaces.
Les retours des participants illustrent concrètement ces bénéfices. Au niveau de la prise en main, un collaborateur souligne la clarté du contenu : « Les vidéos sont claires et permettent de comprendre les risques. Le tout est axé sur les objectifs « managériaux » : usages, risques, ce que fait ou pas l’IA. C’est bien, tous les garde-fous sont présents. » Sur le terrain, les activités pratiques semblent constituer le véritable point de bascule : « C’est à ce moment-là que les participants peuvent réellement expérimenter les outils et mettre en application les conseils présentés », note un autre participant.
La formation a aussi fait évoluer les perceptions. François Berger souligne un changement de regard chez les collaborateurs :
« Je dirais que cette formation a aussi réhumanisé l’IA et fait comprendre à certaines personnes qui avaient peur, que justement, si on la maîtrisait, si on était informé, si on était éduqué, on pouvait en faire un outil pour renforcer l’humain. »
L’enjeu est désormais de faire de ces outils un appui pour gagner du temps, renforcer la créativité et amplifier l’impact des missions associatives, tout en préservant la place centrale de l’humain.
En rendant la technologie compréhensible et choisie plutôt qu’imposée, cette formation ouvre la voie à une appropriation plus lucide de l’IA par les associations, au service de leurs valeurs et de l’intérêt général.
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