Chaque année, le cancer du sein touche des millions de femmes à travers le monde, représentant le cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez la femme, notamment en France. Si la chimiothérapie reste un pilier historique pour réduire les risques de récidive, ses effets secondaires particulièrement lourds altèrent souvent profondément le quotidien des patientes. Une révolution médicale est cependant en marche : grâce à un test génétique novateur, des milliers de femmes pourraient bientôt être dispensées de ce traitement lourd sans (évidemment) la moindre perte de chance de guérison.
Traiter mieux plutôt que traiter plus
L’objectif des médecins n’est plus seulement de guérir la maladie, mais de préserver au maximum la qualité de vie des patientes en évitant le surtraitement lorsque le bénéfice médical est jugé minime ou nul.
Dans le cas du cancer du sein hormonodépendant, qui est la forme la plus courante qui représente 70 à 80 % des diagnostics, le protocole standard associe généralement la chirurgie à une hormonothérapie. La chimiothérapie, elle, est systématiquement discutée selon le risque estimé de rechute. Pourtant, de nombreuses femmes subissent ce fardeau thérapeutique et ses effets indésirables majeurs (fatigue persistante, nausées, perte de cheveux, troubles cognitifs ou ménopause précoce) sans que cela n’apporte de réel avantage sur leur survie.
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50 gènes analysés pour prédire l’utilité du traitement
C’est dans ce contexte que les résultats de l’étude internationale Optima, menée notamment par l’University College London et présentée au prestigieux congrès de l’ASCO, viennent changer la donne. Les chercheurs ont mis au point et testé un outil génomique.
Concrètement, ce test révolutionnaire analyse l’activité de 50 gènes directement au cœur du tissu tumoral prélevé chez la patiente. Au lieu de s’en remettre uniquement aux critères cliniques traditionnels (comme la taille de la tumeur), la biologie moléculaire permet d’établir un score ultra-précis. Ce score indique si la biologie de la tumeur nécessite réellement une chimiothérapie ou si un traitement hormonal ciblé est suffisant. Un test novateur !
Pour valider cette approche, les scientifiques ont analysé les données de plus de 4 400 patientes atteintes d’un cancer du sein, âgées de plus de 40 ans. Les résultats, observés cinq ans après le traitement, se sont révélés exceptionnels :
- Chez les patientes présentant un faible score génétique et ayant reçu une chimiothérapie, le taux de survie sans récidive était de 95 %.
- Chez celles présentant le même score mais traitées uniquement par hormonothérapie (sans chimiothérapie), le taux d’efficacité atteignait 94 %.
Pour les millions de femmes confrontées chaque année à ce diagnostic, cette avancée promet d’alléger considérablement le fardeau émotionnel et physique lié aux soins.
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