À 11 ans, pendant que ses camarades rentraient jouer après l’école, Ciro Ortiz installait chaque dimanche une petite table sur un quai du métro de New York. Son offre tenait sur une pancarte : cinq minutes de « conseils émotionnels » pour deux dollars. Derrière cette idée d’enfant se cachait une réponse à une épreuve qu’il avait lui-même traversée.
Ciro Ortiz est un élève de sixième de Bushwick, à Brooklyn. Chaque dimanche, de midi à 14 heures, il s’installait à l’arrêt Bedford de la ligne L, posait sa table de jeu et attendait les voyageurs. Sa pancarte annonçait simplement des conseils émotionnels pour deux dollars la séance de cinq minutes.
L’installation, inspirée du stand de psychologie de Lucy dans les Peanuts, détonnait au milieu de la foule pressée. Là où un thérapeute facture une fortune la consultation, Ciro demandait deux dollars, parfois rien du tout quand la personne n’avait pas de quoi payer. Très vite, des New-Yorkais fatigués de leur semaine se sont assis face à lui pour vider leur sac.
Une idée née d’une épreuve personnelle
L’idée n’est pas tombée du ciel. Ciro avait été victime de harcèlement à l’école, et il a cherché à transformer cette frustration en quelque chose d’utile pour les autres. Selon le New York Post, ce sont ses propres difficultés qui l’ont poussé à tendre la main à ceux qui en avaient besoin.
En observant le métro chaque jour, il avait aussi remarqué le stress, la fatigue et la solitude des adultes qui l’entouraient. Il s’est dit qu’il pouvait écouter ces personnes et, peut-être, leur faire du bien. Ses parents, le responsable marketing d’une association Adam Ortiz et la poétesse Jasmine Aequitas, l’ont accompagné chaque dimanche pour veiller sur lui pendant ses « heures de consultation ».
Chaque vendredi, recevez les bonnes nouvelles de la semaine en vous abonnant à notre newsletter.
Un conseil simple qui a marqué les New-Yorkais
Au fil des séances, Ciro a repéré un fil rouge dans les confidences des adultes : la peur du changement. Beaucoup lui parlaient d’un passé qu’ils jugeaient meilleur et d’un présent qui leur échappait. Sa réponse, désarmante de simplicité, est devenue sa phrase la plus célèbre : la vie change en permanence, et il faut l’accepter.
Sa méthode tenait dans cette clarté. Il invitait ses interlocuteurs à regarder leur problème sous son angle le plus simple, à identifier ce dont ils avaient vraiment besoin. Cette franchise d’enfant, sans jargon ni posture, a touché de nombreux passagers venus chercher une oreille attentive entre deux rames.
Des dollars reversés aux enfants de son école
Le stand a fini par rapporter jusqu’à une cinquantaine de dollars certains dimanches. Mais Ciro ne gardait pas cet argent pour lui. Il l’utilisait pour offrir des collations aux élèves de son école qui n’avaient pas les moyens de s’en payer.
L’histoire a rapidement dépassé le quai de Bedford. Reprise par les médias américains, elle a conduit le jeune garçon sur le plateau de Jimmy Fallon, où il a distillé quelques conseils au célèbre animateur. De son passage chez un héros du quotidien, Ciro est ressorti avec la même idée que celle de ses dimanches au métro : écouter, simplifier, et avancer.
En savoir plus sur Le Média Positif
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
