Gino Bartali le champion qui pédalait pour sauver des vies
Gino Bartali le champion qui pédalait pour sauver des vies

Gino Bartali le champion qui pédalait pour sauver des vies

Il est l’un des plus grands champions de l’histoire du cyclisme, avec deux Tours de France et trois Giros d’Italia au palmarès. Mais la plus belle victoire de Gino Bartali n’a jamais eu de podium. Pendant la Seconde Guerre mondiale, ce coureur toscan a risqué sa vie pour sauver près de 800 personnes juives, en cachant de faux papiers dans le cadre de son vélo.

Pendant l’Occupation, Gino Bartali cache de faux papiers dans son vélo et roule vers Assise. Les soldats allemands le reconnaissent sur les routes de Toscane, lui font signe de la main et le laissent passer. Ils ne fouillent jamais le champion.

Cette scène, répétée des dizaines de fois entre 1943 et 1944, est l’une des plus grandes histoires de courage discret de la Seconde Guerre mondiale. Un courage que Bartali gardera secret toute sa vie, refusant d’en tirer la moindre gloire.

Un double vainqueur du Tour de France

Né en 1914 à Ponte a Ema, près de Florence, Gino Bartali devient l’un des coureurs les plus admirés de son époque. Il remporte le Tour de France en 1938, puis une deuxième fois en 1948, dix ans plus tard, un écart record dans l’histoire de la Grande Boucle. Entre ces deux victoires françaises, il s’impose également à trois reprises au Giro d’Italia, en 1936, 1937 et 1938.

Chaque vendredi, recevez les bonnes nouvelles de la semaine en vous abonnant à notre newsletter

En Italie, Bartali est bien plus qu’un champion sportif. Sa rivalité légendaire avec Fausto Coppi divise le pays en deux camps passionnés, les bartaliens et les coppiens. Sa foi catholique profonde et son caractère entier font de lui une figure populaire, respectée bien au-delà du peloton.

Des centaines de kilomètres pour sauver des vies

Quand l’Italie tombe sous l’occupation allemande en septembre 1943, Bartali rejoint un réseau organisé autour du cardinal Elia Dalla Costa, archevêque de Florence. Ce réseau fabrique de faux papiers d’identité pour des familles juives menacées de déportation. Bartali se charge de leur transport, dissimulés dans le cadre creux et les tubes de roue de son vélo, entre Florence et les couvents franciscains d’Assise.

Ses sorties d’entraînement quotidiennes lui servent de couverture parfaite. Sur les routes, les soldats reconnaissent le champion et le laissent passer sans fouille. Parfois, des photographies de saints sont glissées dans le cadre, ajoutant une touche pieuse à l’ensemble. Selon les recherches publiées après sa mort, Bartali aurait contribué à sauver environ 800 personnes. Il cache également une famille juive, les Goldenberg, dans la cave de sa maison à Florence pendant plusieurs mois.

Le secret gardé une vie entière

Jamais Gino Bartali ne parle de ce qu’il a fait. À ses enfants, à ses amis, aux journalistes qui l’interrogent sur la guerre, il balaie la question d’un revers de main. Sa phrase, devenue célèbre après sa mort, résume tout son caractère : en italien, « Il bene si fa ma non si dice », soit « le bien se fait mais ne se dit pas ». Cette humilité tranche avec les récits héroïques habituels et rend son histoire encore plus saisissante.

Ce sont ses proches qui, après sa mort en 2000, révèlent progressivement l’étendue de ce qu’il avait accompli. En 2013, le mémorial de Yad Vashem en Israël lui décerne à titre posthume le titre de Juste parmi les Nations, la plus haute distinction accordée aux non-Juifs ayant risqué leur vie pour en sauver d’autres pendant la Shoah. Champion de cyclisme, héros silencieux, Gino Bartali aura finalement remporté deux types de victoires : celles qu’on célèbre sur un podium, et celles que l’on ne raconte qu’après.

Share the love 🍀

En savoir plus sur Le Média Positif

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.