Steven Bradbury : le champion Olympique le plus chanceux de l’histoire
Steven Bradbury : le champion Olympique le plus chanceux de l’histoire

Steven Bradbury : le champion Olympique le plus chanceux de l’histoire

Il est souvent désigné comme le médaillé d’Or le plus inattendu de l’histoire, mais derrière ce titre, Steven Bradbury est un battant qui a œuvré pour que la réussite soit de son côté.

C’est un nom qui revient régulièrement lorsque les Jeux d’Hiver reviennent tous les 4 ans, tant il a marqué les esprits. Steven Bradbury n’était pas le plus rapide, ni le plus jeune, ni le favori de la finale du 1000m de patinage de vitesse aux JO de Salt Lake City en 2002. Et pourtant…

Une participation miraculeuse 

Pour comprendre le miracle de 2002, il faut remonter l’histoire de l’Australien. Steven Bradbury est un réel rescapé du patinage de vitesse. En 1995, une lame d’un concurrent lui transperce la cuisse en pleine course ; quatre litres de sang perdus et 111 points de suture, il frôle la mort. Six ans plus tard, il se brise gravement le cou à l’entraînement.

Alors que les médecins lui annoncent que sa carrière est terminée, ce dernier refuse catégoriquement de raccrocher les patins. Sa présence aux Jeux de Salt Lake City, à 28 ans, est alors déjà un exploit. Malgré son talent, il est le « vieux » que personne n’attend, car son âge est déjà avancé pour ce sport.

Un scénario rocambolesque

Le parcours de Bradbury lors de cette quinzaine olympique ressemble à un alignement de planètes improbable. Tout commence en quarts de finale : distancé, il finit troisième et est éliminé. Mais une disqualification pour obstruction du Canadien Marc Gagnon le propulse au tour suivant : veinard.

En demi-finale, alors qu’il patine en queue de peloton, les trois leaders tombent et s’écrasent contre les barrières de sécurité. Bradbury, quelques mètres derrière, profite de la chute collective et file en finale. 

Nous y sommes. Face à lui, les géants de la discipline : la star américaine Apolo Ohno et le champion chinois Li Jiajun. Sur le papier, l’Australien n’a aucune chance.

The “last man standing”

Dès le départ de la finale, la logique est respectée : Bradbury est largué, en retard de plusieurs mètres. Mais c’est ici que l’expérience de celui qui a tout vécu entre en jeu. Conscient qu’il ne peut pas rivaliser à la régulière, il mise sur la prudence… et le vice.

Dans le dernier virage, la tension explose, à l’instar des tours précédents. Les quatre favoris se bousculent, s’accrochent et finissent tous au tapis dans un carambolage historique. Seul un homme, arrivé avec une seconde de délai sur le groupe, évite le chaos. Cet homme, c’est Steven Bradbury, qui franchit la ligne d’arrivée, les bras levés, presque incrédule. Il vient d’offrir à l’Australie sa toute première médaille d’or aux Jeux d’Hiver.

« Doing a Bradbury » : Une leçon universelle

Aujourd’hui, l’expression « Doing a Bradbury » est même entrée dans le dictionnaire Australien. Elle ne désigne pas une simple chance, mais le fait de réussir grâce à sa persévérance, en étant le dernier debout quand tous les autres ont chuté.

Parfois, la plus belle des stratégies est simplement de ne jamais quitter la piste.

Leopold Boucher, journaliste

Le 06 février 2026


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