Il accueille chez lui les enfants mourants dont personne ne veut s’occuper
Il accueille chez lui les enfants mourants dont personne ne veut s’occuper

Il accueille chez lui les enfants mourants dont personne ne veut s’occuper

À Azusa, dans la banlieue de Los Angeles, un homme veille chaque nuit au chevet d’enfants que personne d’autre n’accepte de recevoir. Depuis plus de trente ans, Mohamed Bzeek ouvre sa maison aux enfants en phase terminale confiés par les services sociaux. Sa conviction tient en une idée simple : aucun enfant ne devrait partir seul.

Mohamed Bzeek est né à Tripoli, en Libye, en 1954. Ancien marathonien, il est arrivé aux États-Unis en 1978 pour étudier l’ingénierie, avant de s’installer en Californie et d’obtenir la nationalité américaine en 1997. Lui-même confronté au cancer dans sa jeunesse, il a tiré de cette épreuve la conviction qu’il pouvait adoucir le quotidien des plus fragiles.

Tout a basculé le jour où il a rencontré Dawn, sa future épouse, déjà famille d’accueil depuis plusieurs années. Ensemble, ils ont commencé à recueillir des enfants placés en 1989. Au fil des mois, leur foyer est devenu un refuge pour des enfants que les structures classiques peinaient à prendre en charge.

Un engagement commencé il y a plus de trente ans

Au départ, le couple accueillait des enfants atteints de troubles médicaux variés. En 1995, Mohamed et Dawn ont pris une décision qui a changé leur vie : se consacrer uniquement aux enfants en phase terminale, ceux que personne d’autre ne voulait recevoir. Beaucoup arrivaient chez eux pour y vivre leurs dernières semaines.

Depuis 1989, Mohamed Bzeek a accueilli près de quatre-vingts enfants. Interrogé sur les raisons qui le poussent à affronter tant de chagrins, il répond simplement que ces enfants ont besoin de quelqu’un pour les aimer. Cette phrase résume une vie entière tournée vers les plus fragiles.

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Le seul foyer de Los Angeles à les accueillir

Le comté de Los Angeles, qui compte des millions d’habitants, n’a longtemps trouvé qu’une seule famille capable de prendre ces enfants. Mohamed Bzeek est le seul parent d’accueil de la ville à se consacrer exclusivement aux enfants en fin de vie. Certains sont aveugles, sourds, alités ou frappés de maladies incurables, et il leur assure des soins jour et nuit.

Son épouse Dawn est décédée en 2015, mais il a choisi de poursuivre seul cette mission, alors même qu’il affrontait son propre combat contre le cancer. Sa foi musulmane le guide et l’aide à traverser les deuils successifs. Autour de lui, beaucoup le surnomment désormais la « Mère Teresa musulmane ».

Un nom et une famille pour leurs derniers jours

Plusieurs des nourrissons qui lui sont confiés arrivent sans même un prénom, abandonnés à la naissance avec la seule mention « bébé fille » ou « bébé garçon » sur leur dossier. Mohamed Bzeek leur en donne un. Sur la dizaine d’enfants morts dans ses bras, aucun n’est parti sans nom.

Son histoire est sortie de l’ombre en 2017, lorsque le Los Angeles Times lui a consacré un portrait qui a fait le tour du monde. Une lectrice émue a alors lancé une cagnotte en ligne, qui a réuni plus de 600 000 dollars. Fidèle à lui-même, il y a à peine touché : il rêve d’en faire un jour une maison chaleureuse pour les enfants malades qui, sans cela, finiraient leurs jours seuls dans un établissement. Comme d’autres héros du quotidien, il avance sans chercher la lumière.

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